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Culture : une nécessaire mise au point

Saison culturelle 2010

Le texte ci-dessus, publié sur le site internet de la mairie, est inacceptable par bien des points.

Tout d’abord, le théâtre Gérard Philipe existe depuis bien plus de dix ans. Il a été inauguré début 1989. Il a donc plus de 20 ans. Animé d’un sectarisme désolant, l’équipe municipale veut faire oublier que ce théâtre a été construit par des équipes municipales de gauche. Remarquons que la droite, élue depuis près de dix ans, n’a construit aucun équipement culturel : le théâtre, le cinéma, le studio de musique amplifiée existaient à son arrivée en 2001. Et on attend toujours la nouvelle bibliothèque, malgré les promesses, car l’actuelle existait aussi bien avant 2001.

Je tiens à ce rappel pour plusieurs raisons :

  1. c’est la réalité,
  2. il y a des gens qui se sont investis pour développer la culture dans cette ville. Grâce à eux, les spectacles ne se déroulent plus dans des gymnases et ils ont remarquablement développé le cinéma Elsa Triolet. Même si la municipalité était de gauche, ces bénévoles dévoués venaient de tous horizons politiques. Pour beaucoup, défendre la culture était leur seul engagement. Il mérite notre respect et non cet oubli méprisant.
  3. les deux municipalités de droite ont fait un véritable effort financier pour développer le spectacle vivant avec une programmation plus attractive. Ancien président du Centre d’Action Culturelle, j’ai toujours dit que j’aurais aimé avoir un soutien au même niveau de la municipalité (c’est la baisse brutale de ce soutien qui a entraîné la mort du CAC, les responsables du CAC en ont été les victimes pas les coupables). Il est toujours désagréable de voir les politiques s’appuyer sur la critique de leurs prédécesseurs plutôt que sur leurs réalisations propres.

Théâtre Gérard PhilipeOn nous parle d’une saison « toujours aussi variée« . La réalité est bien différente : il y a deux fois moins de soirées cette saison que la saison précédente. La soirée d’ouverture est devenue payante. Au delà de l’aspect désagréable d’un mensonge aussi grossier, il y a un problème de fond.

Si je souhaitais plus de moyens pour le spectacle vivant en tant que Président du CAC, c’est que je savais que la densité de la programmation est un élément déterminant pour le succès public. Le CAC programmait des spectacles tout aussi attrayants qu’aujourd’hui, mais en nombre insuffisant. Ce n’était pas la volonté du CAC. Pourquoi voudriez-vous que des gens qui se battaient pour proposer des films tous publics au cinéma cherchent, dans le même temps, à infliger des soirées soporifiques au théâtre ? En réalité, compte tenu des moyens financiers dont disposait le CAC, la programmation reposait sur un, deux parfois trois spectacles avec des artistes ou troupes reconnus. A cela venaient s’ajouter des artistes en devenir. Il y avait de bonnes surprises, plus souvent que certains le prétendent, mais aussi inévitablement des déceptions. Or un spectateur déçu ne revient pas, même s’il a passé par ailleurs d’excellentes soirées. Si l’objectif de la municipalité est de diminuer son engagement, elle s’apercevra très vite que la salle va se vider. Le public attend de la qualité, mais aussi de la constance et de la régularité. Je l’invite donc à méditer sur les erreurs de la dernière équipe municipale de gauche afin qu’elle évite de les reproduire.

Mise au point : compte tenu de la façon dont a disparu le CAC, je tiens à préciser qu’en tant que trésorier puis président du CAC les budgets que j’ai exécuté ont toujours été en équilibre ou légèrement bénéficiaires.

Daniel Farnier

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