Face à deux graves manquements à la plus élémentaire démocratie de la part du maire et de la majorité municipale, l’ensemble des groupes n’appartenant pas à la majorité municipale ont quitté la salle du conseil municipal. Voici pourquoi.

Je ne reviendrai pas sur les différentes péripéties de ce conseil municipal. Je précise simplement qu’un certain nombre d’adhérents du Club Athlétique Omnisport étaient présents dans le public, afin d’assister à la délibération destinée à définir l’avance de subvention 2011 pour leur club. Je tiens à dire que tout au long du conseil municipal, ce public a eu une conduite exemplaire, faisant preuve d’une grande attention pour suivre les débats.
Le vote sur l’avance de subvention pour le CAO a été l’objet d’un flottement certain au sein de la majorité municipale. La majorité municipale proposait 20% de la subvention 2010, l’opposition de gauche a alors suggéré 30%. L’argument avait du bon sens : le vote a lieu fin mars, le temps de payer on aura bien dépassé les 30% de l’année. Dans un premier temps, l’adjoint chargé des associations et le Maire semblent sensibles à l’argumentation. L’adjoint chargé des finances sollicite une suspension de séance. La majorité municipale revient avec une nouvelle proposition : 20% tout de suite et 50% lors du prochain conseil municipal prévu début mai. Le problème, c’est que la majorité municipale n’arrive pas à expliquer la logique de cette proposition qui semble plus tenir du marchand de tapis que le la saine gestion. C’est ce que nous expliquons et l’adjoint chargé des sports accepte de revenir à la proposition de verser 30%. Le vote de la majorité confirme cet accord. L’adjoint chargé des finances se retrouve isolé.
Les élus de la majorité renient leur vote
Point suivant à l’ordre du jour, l’avance de subvention pour l’Association Football Club. La gauche propose le même mécanisme pour l’AFC, à savoir verser 30% et non 20%. Celle-ci n’est pas dans la même situation que le CAO car, d’après l’adjoint chargé des associations, l’AFC est satisfaite de cette avance de 20%. Après tout, la situation de trésorerie n’est pas la même d’une association à une autre. Ce débat n’a pas pu être tenu, le maire précipitant les choses en soumettant au vote. Et là , on voit que le maire est mis en minorité. Il se tourne vers les fonctionnaires municipaux qui lui font comprendre qu’ils n’ont pas pu décompter totalement les voix. Il faut dire que la majorité municipale ressemblait à une bande de gamins complètement perdus et qui se demandent si la foudre de la maîtresse ne va pas s’abattre sur eux. Le maire redemande un vote, ce qui est déjà limite, mais difficile de faire autrement : il faut bien obtenir un décompte exhaustif des votants. Et là , l’ensemble des personnes présentes constate que des élus de la majorité changent leur vote. Que des élus soient à ce point incapables d’assumer leurs choix est délétère pour la démocratie. Il n’y a plus de conviction sincère, il ne reste que des attitudes tacticiennes.
Le maire sanctionne le public sans raison sérieuse
J’ai eu honte de ce que j’ai vu, et le public aussi. Oh, dans le public personne n’a crié, personne n’a apostrophé, non une vague de désapprobation a parcouru l’assistance. Sa force n’était pas dans le niveau sonore, mais de ce qu’elle venait spontanément du cÅ“ur. Les élus minoritaires ont protesté devant cette farce grotesque en faisant autrement plus de bruit. Mais personne n’est sorti à ce moment. C’est quand le maire a décidé de demander l’expulsion du public que nous avons été un certain nombre à nous lever et tous ceux qui n’appartiennent pas à la majorité ont suivi le mouvement. Il est des moments où rester c’est cautionner l’inacceptable.
Le contrôle des élus par les citoyens : un élément essentiel de la démocratie
Il ne peut y avoir de démocratie quand les décisions sont prises hors du contrôle du peuple. Si n’importe quel citoyen français a le droit d’assister au conseil municipal, c’est pour montrer qu’on ne prend pas les décisions qui le concernent hors de son contrôle. On touche là à un point essentiel de la démocratie avec lequel on ne peut agir avec légèreté. Comment le citoyen électeur pourrait-il choisir ses élus s’il ignore comment et pourquoi les décisions sont prises ? La possibilité de réunir le conseil municipal à huis clos est là pour faire face à des situations exceptionnelles (quand la discrétion s’impose, quand le conseil ne peut se tenir sereinement car des individus le perturbent…) mais ce n’est pas une décision qu’on prend pour cacher qu’une majorité municipale est en perdition.
Des élus qui ne respectent pas leur propre vote, un maire qui prend une décision disproportionnée et quoi pour la suite ? C’est justement pour mettre un terme à cette dérive que nous avons, au delà de différences réelles de sensibilité, décidé de quitter la salle. Il est des moments où la parole ne suffit plus pour faire passer les messages, un geste symbolique fort doit être réalisé. C’est ce que nous avons fait.
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Compte rendu du fameux conseil : http://twitter.com/tristecyr