Lors du conseil municipal du 15 décembre 2011, l’option de rénover l’école Ernest Bizet (quartier de l’Épi d’Or) en utilisant un Bail Emphytéotique Administratif a été abandonnée. La majorité municipale se dirige désormais vers une reconstruction complète de l’école, avec un financement sur budget communal et vente d’une partie des terrains à un promoteur immobilier qui y construirait des logements. Le projet comprend : l’école, un centre de loisirs et une crèche. L’objectif annoncé est d’ouvrir la nouvelle école pour la rentrée scolaire 2013.
Sur le Bail Emphytéotique Administratif :
Nous étions très défavorables au Bail Emphytéotique Administratif (ou Partenariat Public Privé) pour ce projet. Le BEA consiste à confier à un opérateur privé la construction et à lui verser un loyer ensuite, la commune récupérant le bâtiment au bout de trente ans. L’intérêt principal, c’est de permettre à une collectivité de ne pas emprunter puisque c’est l’opérateur privé qui emprunte. Mais il n’y a pas de miracle, le remboursement des emprunts est inclus dans le loyer, avec la marge et le risque porté par l’opérateur privé en sus. Par ailleurs, il y a un vrai risque de contentieux juridique (voir la situation de l’hôpital de Corbeil Essonne pour lequel l’Agence Régionale de Santé devrait payer un loyer pour un hôpital non opérationnel depuis un an !)
Dans le cas de la rénovation de l’école Bizet, le risque de litiges juridiques est disproportionné par rapport à l’intérêt théorique d’une telle opération. On peut s’interroger sur la façon dont la ville est gérée lorsqu’on demande au conseil municipal d’approuver le principe du bail en juin puis de le désapprouver en décembre. Les pessimistes considéreront que la municipalité à perdu du temps, les optimistes se réjouiront d’avoir évité un boulet.
Rénovation ou reconstruction ?
N’ayant pu consulter le dossier technique, il nous est difficile de nous prononcer définitivement. Néanmoins, nous devons dire que cela fait de nombreuses années que nous sommes alertés sur l’état du bâtiment par l’adjoint chargé des travaux et les services techniques. Tous les ans, la façade doit être traitée afin d’éviter que le béton ne tombe.
Nous avons du mal à comprendre comment il a pu être imaginé de rénover ce bâtiment pour la somme de 1 million d’euros. Résultat : pour 1,7 M€, il n’y a pas (d’après le cabinet conseil) « ni isolation, ni étanchéité, ni vitrages isolants, ni vêture extérieure,… ». La rénovation totale coûte en fait 3,5 M€uros, dont 400.000 €uros pour créer une école temporaire le temps des travaux.
Le coût d’une construction neuve est estimé entre 4,2 et 4,6 M€ (plus des coûts annexes non évalués). Économiquement, il apparaît préférable d’ajouter 1 à 1,5 M€ pour avoir une école neuve, plutôt que d’avoir une école simplement rénovée. Il faut d’ailleurs se méfier des rénovations dans ces bâtiments anciens, les mauvaises surprises peuvent vite faire monter l’addition. Ceci dit, on peut aussi s’interroger sur l’évaluation de 4,5 M€ quand on sait que le marché couvert a coûté 1,7 M€, et qu’une école + un centre de loisirs + une crèche cela fait des bâtiments avec des aménagements intérieurs autrement plus coûteux. Espérons qu’à la différence du marché dit couvert, la neige n’entrera pas à l’intérieur !
Financer en revendant du terrain
La municipalité envisage de vendre une partie du terrain, en espérant obtenir entre 1,5 et 2,7 M€. Ce choix pose de sérieux problèmes.
Notre ville se développe, de nouveaux arrivants s’installent, et pas seulement dans les ZAC. Sauf à diminuer la qualité de vie de tous, il va bien falloir que les équipements publics se développent aussi. Or, pour construire des équipements publics, il faut du terrain. En vendant à des promoteurs le peu que nous possédons, nous hypothéquons l’avenir. Par exemple, si nous pouvons nous permettre aujourd’hui de construire une école en même temps que l’actuelle école continue de fonctionner, c’est que nous avons du terrain pour le faire.
Bien évidemment, nous défendons le maintien du square public, cet espace dans lequel tant d’enfants Saint-Cyriens, et de plus anciens, ont joué et jouent toujours.
Conclusion temporaire
La conclusion temporaire, c’est qu’il y a une bonne nouvelle avec l’abandon de l’idée dangereuse du bail emphytéotique. Pour le reste il y a énormément d’interrogations : sur le coût, sur le financement, sur le contenu même des projets d’école, de centre de loisirs et de crèche, sur la partie de terrain qui pourrait être vendue…
Quand on prend conscience qu’il y a deux mois la majorité municipale chantait les louanges d’une rénovation avec bail emphytéotique et qu’aujourd’hui elle veut nous entraîner dans une reconstruction financée par le budget municipal et la vente de terrains, on se dit qu’il est urgent de prendre le temps de la réflexion. Nous avons demandé en conseil municipal qu’une concertation soit lancée : concertation tant avec les riverains qu’avec les enseignants. Mais pour cela, il faudrait que la majorité accepte de présenter honnêtement les options, qu’elle écoute avant de prendre sa décision plutôt que de travailler dans son coin, imposant sa majorité au conseil municipal sans écouter ce que d’autres pourrait lui suggèrer. Pour dire les choses très gentiment, ça n’est pas encore dans ses habitudes.
Voici le seul document remis aux élus à propos de l’audit. Nous avons bien évidement demandé en conseil municipal à avoir accès à l’ensemble du dossier technique. A ce jour, notre demande est restée sans suite.
Nous les avons remis en forme (retrait de nombreuses pages blanches, remis dans le sens de la lecture) :



Le choix rénovation/construction neuve est un débat intéressant. Nous le vivons tous les jours depuis 3 ans avec la rénovation du LEP Jean Perrin, qui est une catastrophe complète (retard de plus d’un an sur les 3 ans initiaux prévus). La puissance publique (Etat, Région, département ou commune) n’a plus les compétences pour étudier et faire réaliser des chantiers de rénovation qui sont par nature complexes. De plus, les désagréments pour les enseignants et les élèves sont immenses.
Opter pour le choix de la construction neuve avec des normes de basse consommation est la seule solution (et SVP ne retenez pas la SARRY 78 et le cabinet d’architectes NAUD et POUX pour faire ce chantier..). Amitiés.
Plaidoyer pour une école.
La lecture des Nouvelles du 21 décembre 2011 m’a plongé dans la stupeur à la rubrique de Saint-Cyr l’école : « L’école Bizet devrait être reconstruite ». Dans cet article, on apprend, que l’école va être démolie et son terrain vendu à un promoteur, et que le square Henri-Wallon va disparaître pour permettre sa reconstruction. Donc, au final, ce projet amputerait le capital urbain de notre commune sur deux points : la perte d’un espace vert public à proximité immédiate des écoles maternelles et élémentaires du quartier de l’Epi d’Or, et la perte d’un bâtiment emblématique du quartier, dont l’originalité architecturale et la valeur historique pour la ville devraient sans doute mériter plus d’attention.
L’argument avancé par monsieur le maire n’a fait que renforcer ma stupéfaction : « On m’a dit qu’il fallait au moins 3.5 millions d’euros. J’ai alors dit « stop » ». Si l’on s’en tient aux propos contenus dans l’article, la nouvelle construction devrait couter entre 4.2 et 4.6 millions d’euros, et la vente du terrain, rapporter entre 1.5 et 2.7 millions d’euros. Si nous croisons ces quatre chiffres, alors le coût final pour la commune s’inscrirait dans une fourchette allant de 1.5 à 3.1 millions d’euros, soit un chiffre moyen de 2.3 millions. Donc, pour environ 1 million d’euros, voire encore moins, monsieur le maire décide de détruire l’école pour en vendre le terrain à des promoteurs, et de reconstruire en supprimant un espace vert public accessible en toute sécurité aux enfants du quartier.
Demeurant dans la commune depuis toujours, je ne comprends pas cette décision. L’école Jean Jaurès, construite à la même période, n’a pas été démolie, bien au contraire. Pourtant, la lecture des têtes de chapitre en page 10 du dernier Saint-Cyr Magazine de décembre 2011 aurait pu nous réconforter : notre commune est « Une ville où il fait bon vivre » en particulier par « un cadre de vie notablement amélioré » grâce à « une gestion saine et équilibrée » .
Pourquoi et comment en est-on arrivé à ce qu’une ville ne puisse plus entretenir son patrimoine, et plus particulièrement, une école, sans devoir avoir recours au privé et sans devoir vendre une partie de son territoire ?
Le quartier de l’Epi d’Or a été loti au cours des années 1920. Ernest Bizet, alors député-maire de la commune, a conduit le projet de construction de cette école. Onze mille mètres carré sont acquis par la commune et l’école ouvre à la fin des années 1930. L’architecture du bâtiment et ses aménagements intérieurs concourent à donner un maximum d’air, de lumière et de confort à l’édifice. Cette école est l’emblème du quartier. Il y a quelques années, les habitants l’ont encore montré en livrant bataille aux antennes de téléphonie mobile, rendant le lieu symbole national de ce type de lutte.
« Saint-Cyr, riche de sa diversité culturelle et fière de son histoire », peut-on lire dans la revue municipale déjà citée, en page 12. Si tel est le cas, et que l’on considère que l’histoire du quartier de l’Epi d’Or n’est pas anodine pour la ville, alors ne conjuguons pas l’avenir avec une pure logique comptable et cherchons à avancer tout en cultivant le respect de ceux qui nous ont précédés.
Dans une ville sinistrée à 92% dans sa partie centrale par les bombardements de 1940 et de 1944, l’école Ernest Bizet, qui jusque là , était miraculeusement sortie indemne, va-t-elle tomber sous le coup des bulldozer commandités par la ville elle-même ? Une commune qui vend son école, n’est-ce pas un peu comme si elle perdait son âme ?
Claude-André Boutigny,
Ancien élève de l’école Ernest Bizet.
Avant, nous avions eu le projet de rénovation partielle par un partenariat public-privé (PPP), dont on avait du mal à comprendre l’intérêt pour le citoyen-usager-contribuable.
Maintenant, on nous présente la démolition-reconstruction comme la seule possibilité.
Qui a pu étudier et chiffrer les alternatives, de manière indépendante ?
C’est vrai que l’architecture de l’Ecole Bizet mérite qu’on s’y attache. Qu’en pensent les habitants, surtout ceux du quartiers, et les « usagers » de cette école et du square ?